La topographie singulière de Rouen, étagée entre la basse vallée de la Seine et le plateau cauchois, a toujours conditionné son génie urbain. Des ruelles médiévales adossées à la colline Sainte-Catherine aux percées haussmanniennes du centre, l'occupation des versants a multiplié les terrassements. Le substrat local, composé de craie sénonienne plus ou moins altérée recouverte de formations résiduelles à silex et de limons de pente, réagit de manière contrastée aux sollicitations hydrauliques et mécaniques. Toute intervention en déblai, remblai ou fondation sur un terrain incliné exige une analyse de stabilité des pentes rigoureuse pour éviter des désordres qui se manifestent parfois brutalement. Avant d'engager un chantier sur ces coteaux, l'identification des surfaces de rupture potentielles via un essai de cisaillement triaxial et le suivi piézométrique de la nappe perchée constituent des préalables indispensables à une modélisation fiable.
La densité du bâti ancien et la présence d'infrastructures sensibles — comme le tunnel de la Grand'Mare ou les quais rive droite — imposent une approche où le diagnostic géotechnique anticipe les interactions sol-structure. Le bureau d'études combine reconnaissances in situ et modélisations numériques pour évaluer les coefficients de sécurité à court et long terme, en intégrant les effets de l'infiltration des eaux pluviales si caractéristiques du climat rouennais.
Sur les coteaux rouennais, la stabilité se joue autant dans la reconnaissance fine des argiles à silex que dans la maîtrise des circulations d'eau internes au versant.



