Le bruit d’un marteau fond de trou résonne contre les flancs crayeux de la rive droite rouennaise. Avant d’imaginer la moindre levée de rideau berlinois ou de mur poids, une foreuse prélève des échantillons intacts dans les altérites du Cénomanien, là où la craie se délite en sable fin. Rouen, avec ses 115 000 habitants tassés entre boucles de la Seine et coteaux abrupts, oblige à une conception des soutènements qui anticipe l’effet de l’eau sur les marnes gonflantes. Nous dimensionnons l’ouvrage à partir de la stratigraphie réelle du site, pas sur une hypothèse de catalogue. L’analyse intègre la poussée des terres en condition drainée et non drainée, la stabilité générale du versant et l’interaction sol-structure propre à chaque rive du fleuve. Pour les projets en bordure de coteau, la modélisation peut être affinée par un essai CPT qui détaille la résistance de pointe sur toute la hauteur du profil avant de figer la géométrie du mur.
À Rouen, un mur de soutènement se dimensionne d’abord pour l’eau : la pression interstitielle dans les marnes fait basculer plus d’ouvrages que le poids des terres.



