La topographie de Rouen, enserrée entre la boucle de la Seine et les coteaux crayeux, impose une vigilance particulière dès qu'on touche au sous-sol. L'humidité permanente des alluvions et la présence de poches karstiques dans la craie séquanienne modifient radicalement le comportement des couches traversées. On ne conçoit pas une injection de la même manière rive droite, sur les hauts de Bihorel, qu'en pied de coteau près de l'île Lacroix. L'eau circule vite dans les fissures, et sans une conception d'injections adaptée, le coulis part là où on ne l'attend pas. C'est pour ça qu'on croise toujours le modèle géologique avec des essais de permeabilité in situ avant de dimensionner quoi que ce soit. Une erreur de formulation ou de pression, et on gaspille du volume sans gain mécanique réel. À Rouen, la conception d'injections commence par lire la géologie avant de choisir le liant.
Injecter la craie karstique de Rouen, c'est d'abord comprendre où l'eau circule pour ne pas injecter dans le vide.



